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JO 2024 : ces volontaires russes et biélorusses ont été éjectés de force

Romain Castagnet Par Romain Castagnet
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JO 2024 : ces volontaires russes et biélorusses ont été éjectés de force

Récemment, des volontaires des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 originaires de Russie et de Biélorussie ont été exclus, suscitant l’indignation et des sentiments d’injustice parmi eux, bousculés par les tensions géopolitiques.

Rejet abrupt et amertume chez les volontaires écartés

L’annonce a été faite de manière brève et froide : « Nous sommes au regret de vous informer que nous ne pourrons plus vous compter parmi les volontaires de Paris-2024 ». Rejetés au profit de préoccupations sécuritaires, ces volontaires ont vécu cette annonce comme un véritable choc. Leurs rêves olympiques ont été brutalement entravés, alors qu’ils se sentaient prêts à contribuer à ce qui aurait pu être l’un des moments les plus marquants de leur vie.

Un récent courrier électronique a en effet informé Diana, une Russe vivant en France depuis 2019, que malgré son enthousiasme et sa formation en préparation des jeux, elle ne ferait pas partie de l’équipe. L’indignation a été d’autant plus grande qu’elle avait déjà été bénévole pour les Jeux Olympiques de Sotchi en 2014 et s’était déjà investie dans les préparatifs des Jeux de Paris.

Les tensions géopolitiques pèsent sur la décision

L’éviction de ces volontaires prend place dans un contexte de craintes sécuritaires exacerbées par la guerre en Ukraine, initiée par la Russie. Le président français Emmanuel Macron avait en effet exprimé sa ferme conviction que la Russie voudrait cibler les Jeux olympiques, y compris par le biais de campagnes de désinformation. Le Kremlin a rejeté ces accusations qu’il estime infondées.

Des spécificités géopolitiques viennent ajouter à la complexité du phénomène. La Biélorussie étant alliée à la Russie, l’effet domino a également touché ses athlètes qui devront participer sous un drapeau neutre.

L’impact humain d’une décision politique

La décision d’exclure ces volontaires de l’organisation des jeux a eu un impact psychologique important. Dzmitry Shaliapin, un étudiant biélorusse de 19 ans, voguait entre peine et incompréhension depuis qu’il avait appris la nouvelle de son exclusion. Ekaterina Pimenova, une jeune russe de 18 ans, a été contrainte d’abandonner son rêve olympique après avoir consacré des ressources importantes pour venir soutenir les jeux.

La décision n’a pas uniquement impliqué des conséquences individuelles, mais a également alimenté des tensions géopolitiques. Une Russe de 45 ans, dont la candidature a également été suspendue, considère que l’exclusion de ces volontaires servira le discours propagandiste russe sur l’agression présumée de l’Occident.

Un dilemme sécurité versus discrimination

Certains experts, archétypes ici par Mark Galeotti, spécialiste des services de sécurité russes, s’interrogent sur la balance difficile à établir entre sécurité et respect des individus. D’autres, comme Jules Boykoff, professeur de sciences politiques à l’université du Pacifique dans l’Oregon, vont plus loin en évoquant une possible discrimination contre les Russes.

Les conséquences de la guerre en Ukraine ont en effet déjà entravé la vie de nombreux Russes vivant en Occident, avec par exemple des restrictions bancaires ou des comptes suspendus. Devons-nous voir dans l’exclusion de ces volontaires une nouvelle illustration de cette tendance ?

Romain Castagnet

Compétitions, performances et culture sportive

Romain Castagnet

Romain Castagnet a commencé par tenir les résultats du club de football de son village dans le bulletin municipal, puis a couvert le sport amateur pour un quotidien régional pendant une dizaine d'années. Sur 360sport, il suit le football, du championnat de France aux compétitions européennes, et garde un œil sur le tennis et le basket. Il tient à distinguer un score d'une tendance et revient volontiers sur un match trois jours plus tard, une fois l'émotion retombée. Il joue encore en vétérans le dimanche matin, en défense centrale.