Oreilles en chou-fleur, ce que risque qui les provoque
Longtemps associées aux rugbymen, ces oreilles déformées attirent désormais des amateurs de MMA, certains cherchant à se les fabriquer, avec infection, gêne auditive et douleurs à la clé.
En bref
- Les oreilles déformées, jadis typiques du rugby, gagnent les pratiquants de MMA.
- Certains les provoquent en maltraitant leur oreille, au risque d’une infection.
- À long terme, le conduit auditif peut s’obstruer et des douleurs chroniques s’installer.
Se fabriquer une oreille en chou-fleur, c’est s’exposer à une infection, à des troubles de l’audition et à des douleurs durables. Le message vient de franceinfo, qui s’alarme d’une mode née de l’engouement pour le MMA.
Du vestiaire de rugby à l’octogone
Ces oreilles sont des déformations du pavillon : des gonflements qui lui donnent l’allure d’un légume. Pendant longtemps, elles ont surtout marqué les joueurs de rugby, et personne ne cherchait à les imiter. On les observe aujourd’hui chez les adeptes de la lutte MMA, où certains amateurs en font un signe esthétique à la mode.
Le MMA, sport de combat réputé violent, a modifié la perception de ces oreilles. Selon franceinfo, certains en rêvent pour ressembler aux combattants : ce qui était une séquelle devient, pour eux, un attribut recherché. Le lien avec une forme de virilité n’est avancé dans la chronique que sous la tournure « on peut imaginer ».
Une partie de ces amateurs refuse d’attendre les coups reçus dans un octogone. Ils élaborent des stratégies pour obtenir le même résultat en maltraitant leurs oreilles, de façon à provoquer des othématomes. La chronique s’interdit d’en détailler la moindre méthode, pour ne pas encourager la pratique.
Le 25 octobre 2026, franceinfo est revenu sur le sujet : les oreilles en chou-fleur ne faisaient pas rêver il y a quelques années et deviennent tendance, notamment à cause de la popularité du MMA. Julien Ménielle y explique pourquoi s’en créer soi-même n’est pas forcément judicieux. Le sujet existe aussi en vidéo de 2 minutes 6 secondes.
La chronique de franceinfo replace ce phénomène dans un contexte plus large, celui d’un sport longtemps mal perçu. Elle renvoie à un reportage sur l’explosion du MMA en France, passé du statut de pratique interdite à celui de discipline en plein boom. Ce changement de statut explique en partie que ses codes visuels, oreilles déformées comprises, trouvent un écho bien au-delà des salles de combat.
Ce qui se passe dans l’oreille
Ce sang a du mal à se résorber. Il se fibrose, puis se calcifie. Or le cartilage de l’oreille ne possède aucun vaisseau pour le nourrir : il dépend du périchondre, une membrane qui se décolle du cartilage sous l’effet de l’hématome. Privé d’apport, le cartilage meurt et l’ensemble forme une masse, d’où cette apparence si particulière.
La chronique rapproche ces pratiques d’un autre excès : celui de personnes qui se frappent la mâchoire à coups de marteau pour obtenir un menton carré. Dans les deux cas, il s’agit de se faire subir volontairement un traumatisme, sans l’intention de combattre, pour modeler une partie du visage selon un modèle admiré. Dans l’oreille, ce traumatisme produit un hématome que le cartilage, dépourvu de vaisseaux, ne peut pas éliminer par lui-même.
Les risques, du court au long terme
Les complications se succèdent selon des temporalités différentes :
- À court terme : une infection de l’hématome est possible, avec de lourdes conséquences éventuelles.
- Plus tard : le gonflement peut boucher le conduit auditif et entraîner des troubles de l’audition.
- Dans la durée : des douleurs chroniques peuvent s’installer, après une douleur vive sur le moment.
- Au quotidien : la déformation complique le port correct de lunettes, l’usage d’écouteurs intra-auriculaires et celui de boules Quiès pour dormir près d’une personne qui ronfle.
- Sur le plan psychologique : les conséquences ne sont pas à négliger, souligne la chronique.
Ces mises en garde visent ceux qui provoquent la déformation par choix, non les pratiquants qui la subissent à la suite de chocs.
Photo : Pavel Danilyuk / Pexels
