Dans un marché saturé aux États-Unis, la NFL mise sur la France et l’Europe
Pour la première fois en France, la NFL pose ses casques au Stade de France, avec un objectif mondial et le flag football en ligne de mire pour LA 2028.
En bref
- Saints contre Steelers, dimanche 25 octobre au Stade de France, diffusé à 14 h 30 sur France 2 et france.tv.
- Plus de 80 000 billets vendus, malgré des tarifs globalement élevés.
- La NFL joue neuf matchs internationaux cette année et vise le chiffre de 16.
- Le flag football, sans contact, sera au programme de Los Angeles 2028.
La NFL dispute pour la première fois un match en France : les Saints de la Nouvelle-Orléans affrontent les Steelers de Pittsburgh au Stade de France, dimanche 25 octobre. Selon franceinfo, la ligue arrive dans l’Hexagone six ans après la NBA.
Un choix d’équipes qui parle au public français
Le coup d’envoi est diffusé à 14 h 30 sur France 2 et france.tv. Le Stade de France affichera complet, avec plus de 80 000 billets vendus, et ce malgré des prix globalement élevés.
Les Steelers sont la franchise la plus titrée, avec six Super Bowl, à égalité avec les Patriots de la Nouvelle-Angleterre. Les Saints, eux, sont considérés comme l’équipe la plus française : établis en Louisiane, ancien territoire français, ils ont la fleur de lys pour emblème. Créés le 1er novembre 1966, ils tirent leur nom de la Toussaint.
Une stratégie mondiale, calquée sur la NBA
La connexion de la NFL avec l’Europe a débuté en 2007 à Londres, avant d’s’étendre à Munich, Francfort, Dublin, Madrid, puis Paris. La ligue joue neuf matchs internationaux cette année, un record. Son commissionnaire, Roger Goodell, affirme vouloir « devenir une marque mondiale, c’est très clair » et ajoute : « Nous jouons neuf matchs internationaux cette année, un record, mais nous avons l’ambition d’aller jusqu’à 16 et d’être capable de continuer d’étendre notre présence ».
Face à un marché saturé aux États-Unis, la NFL suit la voie de la NBA, déjà internationalisée, quand la MLB (baseball) et la NHL (hockey sur glace) restent en Amérique du Nord. L’économiste du sport Jean-Pascal Gayant, directeur de l’IUT de Saint-Malo, y voit une logique : plus l’attrait grandit, plus les droits télé et commerciaux augmentent.

Roger Goodell assure par ailleurs que la NFL reviendra à Paris, dans le cadre d’un projet à long terme. Il a aussi évoqué cet été l’idée d’une équipe basée en Europe : les Jacksonville Jaguars, qui jouent au moins un match sur le continent chaque année depuis 2013, sont les candidats désignés. Il ne s’agit que d’une idée, pas d’une décision.
Le potentiel français en chiffres
Le football américain reste confidentiel en France. À la fédération, qui regroupe football, flag et cheerleading, le flag a progressé de 18 % l’an passé, contre 2 % pour le football américain.
Jean-Pascal Gayant se montre sceptique : « On a vu les audiences du Super Bowl qui ont baissé depuis 2019, donc on n’est pas trop dans la logique d’une progression. » Selon lui, le stade sera plein, mais « ça ne sera pas significatif d’un engouement de moyen ou long terme. Ce sera un coup ».
Le flag football et l’horizon de Los Angeles 2028
Le flag football est du football américain sans contact : le plaquage est remplacé par un tissu, le « flag », accroché à la ceinture des joueurs. C’est l’un des arguments de la NFL face aux inquiétudes sur les chocs chez les jeunes, un sujet que l’économiste dit aussi valable pour le rugby.
Roger Goodell avance que 20 millions de personnes pratiquent le flag dans le monde. Comme le sport fait partie des cinq nouveaux sports de Los Angeles 2028, il estime que « cela va évidemment donner un gros coup de boost ». Jean-Pascal Gayant en doute : à ses yeux, l’engouement olympique retombe souvent vite et ne renforce pas durablement l’attractivité d’une discipline.
Photo : Sean P. Twomey / Pexels
