Josef Masopust, histoire d’un joueur tchécoslovaque, une âme de chevalier

La légende du football Tchécoslovaque est partie ce 29 juin 2015, Josef Masopust s’en est allé, lui le héros d’un peuple en proie à la soumission imposée par le régime soviétique. Ce fils d’un mineur des Sudètes mena en effet son pays à la reconnaissance internationale, 3ème du Championnat d’Europe des Nations de 1960 et imprévisible finaliste de la Coupe du Monde chilienne de 1962. Cette même année, le monde du football lui fit savoir son admiration en lui accordant le titre de meilleur footballeur avec le Ballon d’Or qu’il obtint devant Puskas, Eusebio, Djalma Santos ou Pelé.

Toolito vous invite à découvrir l’histoire d’un joueur dont le parcours ne peut se distinguer de la situation historique.

Un sportif au service d’un régime

Raconter l’histoire de Josef Masopust et de son club adoré, le Dukla Prague, c’est un peu comme ouvrir un livre d’histoire, les faits s’imbriquent et se justifient tandis qu’il permet de comprendre l’emprise du régime communiste. Le football devint, comme toutes institutions, un énième levier visant à favoriser son idéologie et ses priorités. Tous les acteurs du football étaient alors concernés, joueurs, entraîneurs et même les présidents de Fédération devaient jouer le jeu, à savoir montrer que le communisme valorise le sport; peu importe les moyens.

Josef Masopust est “transféré” en 1951 à l’ATK Prague (ancien nom du Dukla Prague), club officiel du régime, façade de ses ambitions sportives et surtout une organisation qui accueille les jeunes pendant leur service militaire. Ce système permet bien entendu au club d’avoir un œil sur toutes les pépites du pays, d’autant plus que le régime imposait aux autres clubs de transférer leurs meilleurs éléments au Dukla. Avec son club, Josef Masopust, brillant meneur de jeu, créatif et explosif, gagna le championnat national à huit reprises entre 1953 et 1966. Le club commença aussi à se faire un nom sur la scène internationale, battant d’importants rivaux comme l’Etoile Rouge de Belgrade, le Rapid Vienne, et même le Santos FC de Pelé, en 1959. Le succès du Dukla donna une grande célébrité à Masopust (parmi les partisans du régime), et le talent de ce dernier servit comme argument en faveur du communisme.

Josef Masopust, poussières d'étoile

Crédit photo: idnes.cz

L’exploit de 1962

En 1962, Masopust arrive à la Coupe du Monde au Chili avec le statut de suppôt du régime, une conséquence de sa présence au Dukla Prague, et celui d’icône pour ses exploits sur le terrain. Les Tchécoslovaques, Petit Poucet vivant par-delà le Rideau de Fer, allaient bientôt vivre l’exploit le plus retentissant de leur sélection, un parcours magnifique, triomphal jusqu’à une finale d’anthologie contre le tout-puissant Brésil. Masopust ouvre le score d’un but exceptionnel, avant que le groupe brésilien ne vienne rappeler au monde qui ils sont.

Outre le résultat, l’anecdote est plus marquante encore : les règles du football interdisaient alors tout changement en cours de partie si bien que la blessure de Pelé à la 27ème minute de jeu n’augurait rien de bon pour les auriverde. Il eut été facile dans ce cas de massacrer le brésilien, une attitude violente alors de mise, en témoigne l’affrontement entre le Chili et l’Italie lors de cette même Coupe du Monde. Masopust ordonna alors à son équipe de ne plus tacler Pelé, un geste humain, un exemple de fair play sportif à montrer dans toutes les écoles.

Crédit photo principale : Západ.cz

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