Silvio Piola, l’histoire d’un joueur italien, le meilleur buteur de la Serie A

L’homme a presque disparu des mémoires, perdu dans la multitude des étoiles du football italien: si vous deviez citer quelques noms pour l’illustrer, celui de Silvio ne serait objectivement pas le premier. Pourtant, Silviogol était un buteur sans égal comme le prouve sa place de troisième meilleur buteur de la sélection italienne et surtout son titre, toujours intact, de meilleur buteur de l’histoire de la Serie A, avec 274 buts inscrits, une trentaine de plus que Totti. Son palmarès n’est pas à la hauteur de sa légende, puisqu’il s’est souvent retrouvé dans la course au Scudetto, a pu l’entrevoir, le frôler, mais ne jamais le décrocher. Un regret éternel pour le joueur, regret qu’il consolera avec une victoire en Coupe du Monde en 1938. Retour sur la vie d’un champion centenaire.

Quand l’Histoire s’en mêle

L’histoire de Silvio Piola ne peut être dissociée de la grande Histoire, celle qui agita l’Italie pendant l’entre-guerre. Sa carrière professionnelle commence au Pro Vercelli en 1930, où, très rapidement, le jeune homme se fait un nom auprès des grands dirigeants des clubs du Nord de l’Italie, comme l’Ambrosiana-Inter de Giuseppe Meazza, et aussi auprès des dirigeants du Parti Fasciste. Il est aujourd’hui certain que c’est l’intervention du secrétaire du Parti qui mena le joueur à Rome en 1934, à jouer pour la Lazio. Cette décision signifie avant tout que Piola devient un pion que le Parti utilise comme vitrine de l’excellence du sport italien, et cela indique au joueur qu’il ne gagnera jamais de titres nationaux: les clubs de la capitale ne sont pas vraiment en vogue à l’époque face aux puissances venues du Nord. Face à ces contraintes, Silvio Piola réagit brillamment sur le terrain, enchaînant les buts et les récompenses individuelles.

Silvio Piola, poussières d'étoiles

Crédit photo: UEFA.com

Malheureusement pour lui, l’Histoire ne va pas s’arrêter là. En 1943, Silvio tente de fuir Rome pour rejoindre le Nord, sa région natale, et le bruit commence à courir qu’il serait mort, tué dans une attaque. De manière spontanée, les italiens commencent à célébrer des messes en sa mémoire, loin d’imaginer que le joueur était vivant, tellement vivant qu’il participe à la farce de championnat organisé par Mussolini avec le Torino, le Campionato di Guerra dell’Alta Italia, remporté par l’équipe de pompiers de Spezia ! Après la guerre, Silvio rempile à la Juventus puis à Novara où il jouera jusqu’en 1954, terminant sa prolifique carrière à 41 ans.

Un Italien à Paris

Pas de championnat donc pour Sivio Piola, mais un titre majeur, une Coupe du Monde levée en 1938, dans un contexte plutôt houleux, il va sans dire. Piola a débuté sa carrière avec la Nazionale par un doublé contre la Wunderteam de Sindelar. Après un Mondial 1934 douteux, l’Italie souhaite montrer au monde qu’elle n’a rien acheté et asseoir sa suprématie footballistique. Gagner la Coupe du Monde 1938, en territoire ennemi est par conséquent un objectif immanquable pour la Nazionale. En finale, face à la Hongrie, Silvio Piola se distingue encore, marquant deux des quatre buts italiens, devant 60.000 personnes apparemment conquises. Il décrochait là le premier des deux seuls titres adjoints à son palmarès.

Crédit photo principale : trivela.uol.com.br

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