Légende

Poussières d’étoiles : Fernando Peyroteo

Romain Castagnet Par Romain Castagnet
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Poussières d’étoiles : Fernando Peyroteo

Fernando Peyroteo, l’histoire d’un joueur portugais, le meilleur devant Cristiano Ronaldo et Eusebio

Son nom ne vous dit certainement rien, Fernando Peyroteo a complètement disparu des mémoires, la faute à une période footballistique dépréciée et à l’injuste manque de considération de son propre pays. L’homme a pourtant tout d’un mythe: il était membre des légendaires Cinq Violons du Sporting Club Portugal aux côtés d’Albano, Jesus Correia, José Travassos et Manuel Vasques. Avec ce club, l’attaquant né en Angola allait très vite se faire un nom, martyrisant les défenses du championnat portugais pendant douze années successives: son ration but par match joué est impressionnant, 635 buts pour 393 matches, de quoi renvoyer Cristiano à ses chères études. Retour sur celui que Pelé essaie encore aujourd’hui d’oublier.

Des chiffres et une légende

Même le Portugal peine à se souvenir de sa première étoile, puisque Peyroteo n’apparaît pas dans le meilleur onze portugais de tous les temps. Et ce n’est pas faire offense à toutes les stars portugaises comme Figo, Futre ou Eusebio que de considérer cet oubli comme injuste. Fernando Peyroteo a grandi et commencé le football en Angola, une ancienne colonie portugaise, avant d’émigrer au Portugal à l’âge de 19 ans. Il entra immédiatement au Sporting CP, le club de sa vie, auquel il dédia tout son talent, un talent que la nature lui avait permis d’exprimer des deux pieds.

Fernando Peyroteo

Crédit photo: Imortais do Futebol

Le résultat est sans appel, puisque le joueur inscrivit pas moins de 329 buts en 197 matches de championnat, un impressionnant ratio de 1,68 buts/match, suffisant pour que la FIFA lui décerne le titre de meilleur ratio pour un attaquant. Suffisant aussi pour arracher six titres de meilleurs buteurs, 5 championnats, 5 coupes du Portugal et la toute première supercoupe du Portugal.

Avec la sélection nationale, Fernando Peyroteo s’est fait plus discret si je puis dire, avec « seulement » 14 buts pour 20 matches disputés. Alors oui, c’est vrai, c’était une autre époque, la tactique en tant que telle ne prédominait pas le jeu, la médiocrité des défenses facilitait les records invraisemblables. Peut-être mais dans ce cas-là, la légende autour de Pelé est-elle valable ? Cruyff ne jouait-il pas lui aussi à une époque différente d’aujourd’hui ? Beckenbauer est-il le Kaiser qu’on cherche à nous vendre ? Un faux débat pour faux passionnés.

Le diamant brut venu d’Afrique

C’est l’entraîneur du Sporting CP, le Hongrois József Szabó, qui le premier a vu les capacités physiques extraordinaires du jeune attaquant né en Angola, une figure forte qui révolutionna le football portugais et notamment le Sporting CP. Il ne douta pas une minute du talent de Peyroteo, le ramenant dans ses bagages après un voyage en Afrique et instaurant même de nouvelles techniques d’entrainement afin de profiter du physique impressionnant de l’attaquant: plutôt taillé pour le rugby, Peyroteo dû apprendre son poste d’attaquant en suivant des méthodes proches de celles utilisées aujourd’hui par les professionnels. Sazbó a créé une bête assoiffée de buts, et c’est ce qu’il obtint, des titres, des records, et une équipe passée à la postérité. Quel dommage que YouTube n’existait pas dans les années 1940.

Crédit photo principale : Imortais do Futebol

Romain Castagnet

Compétitions, performances et culture sportive

Romain Castagnet

Romain Castagnet a commencé par tenir les résultats du club de football de son village dans le bulletin municipal, puis a couvert le sport amateur pour un quotidien régional pendant une dizaine d'années. Sur 360sport, il suit le football, du championnat de France aux compétitions européennes, et garde un œil sur le tennis et le basket. Il tient à distinguer un score d'une tendance et revient volontiers sur un match trois jours plus tard, une fois l'émotion retombée. Il joue encore en vétérans le dimanche matin, en défense centrale.