Un seul genou au sol suffit désormais pour rendre un plaquage illégal au rugby
Le plaqueur ne peut plus entraîner le porteur du ballon en chutant derrière ses jambes, ni déclencher son geste avec un genou au sol. Une pénalité constitue la sanction minimale prévue.
World Rugby a interdit mercredi 7 octobre 2026 les plaquages « pivotants » et ceux déclenchés avec un ou deux genoux à terre.
Cette modification réglementaire vise à mieux protéger la santé des joueurs. Elle concerne deux gestes différents, mais encadre dans les deux cas la position et le mouvement du plaqueur au moment de son intervention.
Le champ de l’interdiction ne se limite pas à un joueur installé sur ses deux genoux. Un seul genou en contact avec le sol suffit pour que le plaquage entre dans la catégorie désormais proscrite, dès lors que le geste est déclenché depuis cette position.
Eurosport rapporte que World Rugby présente ce changement comme une mesure de protection accrue de la santé des joueurs. L’annonce fixe ainsi une limite précise concernant la manière d’engager et d’achever un plaquage, indépendamment des autres règles qui encadrent déjà ce geste central du rugby.
Deux gestes distincts désormais interdits
Le plaquage pivotant se reconnaît à son enchaînement. Le défenseur se sert d’abord de son poids pour déséquilibrer le porteur du ballon. Il poursuit ensuite sa chute derrière celui-ci, en retombant sur ses jambes. Le danger signalé ne tient donc pas uniquement au contact initial : il vient aussi de la trajectoire finale du plaqueur et de la charge exercée sur les membres inférieurs.
Le plaquage à genoux répond à un autre critère. Ici, la règle porte sur la position de départ : le défenseur lance son intervention alors qu’au moins l’un de ses genoux touche déjà le terrain. Il n’est pas nécessaire que ses deux genoux soient posés pour que le geste soit interdit.
| Geste interdit | Position ou mécanique | Risque ou motif signalé |
|---|---|---|
| Plaquage « pivotant » | Le plaqueur utilise son poids pour mettre le porteur au sol, puis chute derrière lui sur ses jambes. | World Rugby indique que ce geste, présenté comme rare, pouvait provoquer de graves blessures aux jambes. |
| Plaquage avec genou(x) à terre | Le défenseur déclenche le plaquage avec un genou ou ses deux genoux déjà au sol. | L’instance a relevé une progression de cette pratique et l’intègre aux gestes dangereux qu’elle veut supprimer. |
Cette comparaison est importante pour l’application de la règle. Un plaquage pivotant se définit par la succession du déséquilibre et de la chute sur les jambes. Le second geste est caractérisé dès son déclenchement par l’appui d’un genou au sol. Ils ne doivent donc pas être confondus, même s’ils relèvent désormais de la même interdiction.
Le risque le plus précisément décrit concerne le premier. Brett Robinson, président de World Rugby, a déclaré : « Les plaquages pivotants, bien que rares, pouvaient causer des blessures graves aux jambes ». Le Figaro rapporte cette justification ainsi que les définitions retenues pour les deux gestes.

La même cause médicale ne peut pas être automatiquement attribuée au plaquage à genoux. Pour celui-ci, World Rugby a indiqué qu’il était en augmentation. Ce constat motive son encadrement, sans fournir de nombre ni de fréquence permettant de mesurer l’ampleur de la progression.
Une pénalité constitue le seuil de sanction
La conséquence sur le terrain est immédiate : chacun de ces deux plaquages doit valoir au moins une pénalité. Cette formulation établit un plancher disciplinaire. Elle signifie que l’arbitre ne peut pas considérer l’action comme régulière ou la laisser sans sanction lorsqu’elle correspond à l’une des deux définitions.
Le terme « au moins » compte dans la lecture de la décision. Il fixe la pénalité comme réponse minimale, mais les informations annoncées ne détaillent pas une échelle complète de sanctions applicable à toutes les situations. Elles ne précisent notamment pas dans quels cas une mesure plus lourde devrait être prononcée. La règle certaine est donc l’arrêt du jeu et la pénalité minimale.
Sud Ouest confirme ce seuil pour les deux catégories de plaquage. Sur le terrain, l’arbitre doit par conséquent observer à la fois la posture du défenseur au départ et la façon dont celui-ci termine son mouvement autour des jambes du porteur.
Cette évolution rejoint les débats plus larges sur la sécurité et la discipline, déjà présents lors des discussions autour du carton rouge de 20 minutes dans le rugby. La décision actuelle demeure toutefois ciblée : elle porte sur deux mécaniques de plaquage précisément définies.
Ce que la nouvelle règle change dans la lecture d’une action
L’évaluation ne s’arrête plus au point de contact entre le plaqueur et le porteur. Pour identifier un plaquage pivotant, il faut suivre l’action jusqu’à la chute et vérifier si le défenseur retombe par-derrière sur les jambes de son adversaire après l’avoir entraîné avec son poids.
Pour le plaquage à genoux, l’observation intervient plus tôt. La question décisive est de savoir si un genou touche le sol lorsque le défenseur lance son geste. La précision donnée par World Rugby retire toute ambiguïté sur l’appui unique : deux genoux au sol ne sont pas nécessaires.
La portée exacte de cette application selon les compétitions, les catégories d’âge ou les niveaux de pratique n’est pas détaillée dans l’annonce rapportée. Le changement établit néanmoins trois repères opérationnels : la chute sur les jambes par-derrière caractérise le plaquage pivotant, un seul genou posé suffit pour le plaquage à terre, et la sanction commence par une pénalité.
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : W RUGBY. Licence Pexels.
