Le peloton du Tour de Lombardie reste immobile à Bergame
À Bergame, Remco Evenepoel a pris la parole au nom des coureurs après la mort de Finlay Tarling et une chute provoquée par une moto de police à contre-sens.
Le peloton vu de loin s'étire dans une montée sinueuse, une image de course bien différente de l'arrêt des coureurs au départ.
Samedi 10 octobre, à Bergame, le peloton du Tour de Lombardie a refusé de s’élancer pendant cinq minutes pour dénoncer l’insécurité des coureurs face aux véhicules en course.
En bref
Le départ du Tour de Lombardie a été retardé de cinq minutes samedi 10 octobre à Bergame.
Remco Evenepoel, porte-parole des coureurs, a expliqué le mouvement au micro.
Le Britannique Finlay Tarling est mort après avoir été percuté par une voiture au Tour du Portugal le 14 août.
Le syndicat CPA demande à l’UCI de pousser les organisateurs à sécuriser les routes.
Le geste est rare au départ d’un Monument, et celui-ci n’avait rien d’anodin : la classique italienne est le cinquième et dernier de la saison. Il intervient au terme de plusieurs semaines marquées par des collisions entre cyclistes et véhicules, dont l’une a coûté la vie à un jeune Britannique cet été.
Un compte à rebours dans le vide à Bergame
Les organisateurs étaient allés au bout de leur décompte. Mais au signal, personne n’a bougé. Les coureurs sont restés immobiles sur la ligne, ce qui a semé un bref flottement autour du départ, selon le récit publié par franceinfo.
C’est le Belge Remco Evenepoel, désigné porte-parole du peloton, qui s’est saisi du micro pour justifier ce que le média qualifie de « mini-grève ». Le double champion olympique de Paris a résumé la colère de ses collègues en quelques phrases.
« Il y a trop d’incidents avec des véhicules sur les courses. Un frère et un collègue a perdu la vie. On veut marquer le coup. On ne peut pas accepter le fait que des coureurs soient blessés ou meurent en faisant ce qu’ils aiment le plus »
Une moto précède les coureurs sur un parcours bordé de public, rappel du rôle des motards au cœur de l’incident qui a immobilisé le peloton. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Albinfo. Licence : CC BY-SA 4.0.
Remco Evenepoel, porte-parole des coureurs
Une fois ce temps écoulé, la course est partie sans autre perturbation, cap sur Côme.
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De la mort de Finlay Tarling à la moto de police des Trois Vallées Varésines
Le « frère » évoqué par Evenepoel, c’est Finlay Tarling. Le coureur britannique, frère cadet de Josh Tarling, a été heurté par une voiture lors de la huitième étape du Tour du Portugal, le 14 août, avant de succomber à ses blessures. Son nom est devenu, pour le peloton, le symbole d’une série d’accidents graves survenus ces derniers mois sur des épreuves où des véhicules se sont retrouvés en travers du parcours.
La semaine précédant la Lombardie a ravivé la blessure. Mardi, lors des Trois Vallées Varésines, autre course italienne de fin de saison, Thomas Gloag et Marcel Camprubi ont été fauchés par une moto de police qui roulait en sens inverse des coureurs. Un engin censé encadrer la course est donc lui-même à l’origine de la chute, un détail qui a pesé dans la décision de marquer le coup dès le samedi suivant.
Ce que réclame le syndicat CPA
Le mouvement n’a rien d’improvisé : le syndicat des coureurs, le CPA, l’a accompagné d’un communiqué. Ses demandes tiennent en quelques points :
Un constat : plusieurs incidents impliquant des véhicules se sont produits sur les parcours en une seule semaine, après qu’une vie a été perdue cet été pour la même raison.
Une mise en cause : les coureurs comptent sur les organisateurs pour sécuriser les routes, et le syndicat estime que cette responsabilité n’est pas tenue.
Un appel : le CPA sollicite l’Union cycliste internationale (UCI) pour qu’elle pousse les organisateurs à agir.
Une précision : il ne s’agissait pas de gâcher la course, mais de prouver ce dont le peloton est capable lorsqu’il fait bloc.
Ce dernier point éclaire la durée choisie. Cinq minutes suffisaient à rendre la protestation visible devant les caméras d’un Monument, sans priver les spectateurs de la course. Le texte du syndicat insiste d’ailleurs sur l’attachement des coureurs à leur sport et sur leur respect des organisateurs, tout en plaçant au-dessus de tout le retour en bonne santé auprès de leurs proches.
La veille encore, le Gran Piemonte avait servi de dernière répétition avant la Lombardie, avec la victoire de Dorian Godon au sprint. À Bergame, c’est l’arrêt collectif sur la ligne, et non une attaque, qui a ouvert la journée.
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