Football

Mort de Diego Maradona, le parquet réclame entre 4 et 12 ans de prison pour six soignants

Sept soignants sont jugés pour la mort du footballeur : l’accusation les répartit en deux groupes selon la gravité des faits et ne demande aucune peine contre Pedro di Spagna.

Kader Mansouri Par Kader Mansouri
4 min de lecture
Mort de Diego Maradona, le parquet réclame entre 4 et 12 ans de prison pour six soignants
Image en lien avec l’article Mort de Diego Maradona, le parquet réclame entre 4 et 12 ans de prison pour six soignants .

Jeudi, à San Isidro, dans la banlieue nord de Buenos Aires, le procureur Patricio Ferrari a réclamé devant le tribunal des peines de 4 à 12 ans de prison contre les professionnels de santé qui s’occupaient de Diego Maradona pendant sa convalescence, en novembre 2020. Il s’agit de réquisitions, c’est-à-dire de la position de l’accusation : aucun verdict n’a été rendu et les sept accusés restent présumés innocents tant que les juges n’ont pas tranché.

En bref

  • Selon Le Figaro et RMC Sport , le réquisitoire a duré plus de trois heures et est intervenu après six mois de procès.
  • D’après Le Figaro, l’accusation a dénoncé une organisation chaotique, qui aurait conduit à laisser la star à l’abandon, livrée à son sort.
  • Les chiffres cités ici, de 4 à 12 ans, restent des demandes de l’accusation : ils ne préjugent ni de la qualification que le tribunal retiendra, ni de la sanction finale, ni de la culpabilité de quiconque.

Selon Le Figaro et RMC Sport, le réquisitoire a duré plus de trois heures et est intervenu après six mois de procès. L’idole du football argentin est morte à 60 ans d’une crise cardiorespiratoire associée à un œdème pulmonaire. Elle a été retrouvée sans vie le 25 novembre 2020, sur son lit, dans une résidence louée pour sa convalescence après une neurochirurgie présentée comme bénigne.

Deux groupes d’accusés

Le procureur a distingué deux ensembles parmi les prévenus. Pour trois d’entre eux, il retient la qualification d’homicide avec dol éventuel : l’accusation estime que les négligences ont été commises alors que leurs auteurs savaient qu’elles pouvaient entraîner la mort. Pour trois autres, il retient le chef moindre d’homicide involontaire. Le septième accusé n’est visé par aucune réquisition.

Dans le premier groupe, la peine la plus lourde, 12 ans de prison assortis de 10 ans d’interdiction d’exercer la médecine, est réclamée contre le neurochirurgien Leopoldo Luque, 44 ans, décrit au procès comme le médecin de confiance de Maradona et comme l’un des décisionnaires dans l’entourage soignant. Dix ans sont demandés contre Nancy Forlini, coordinatrice médicale du prestataire privé de soins, et huit ans contre la psychiatre Agustina Cosachov, qui suivait le joueur et que l’accusation place elle aussi parmi les décisionnaires.

Dans le second groupe, le procureur demande cinq ans pour le psychologue Carlos Diaz, et quatre ans chacun pour le coordinateur infirmier Mariano Perroni et pour l’infirmier Ricardo Almiron.

Ce que reproche l’accusation

Contre les trois soignants du premier groupe, Patricio Ferrari a souligné qu’aucune mesure correctrice n’avait été prise alors que le danger avait été prévu puis accepté avec indifférence. Il a aussi affirmé, à propos de Leopoldo Luque, que son attitude avait toujours consisté à ne rien faire face aux signaux d’alarme que présentait Maradona, comme l’insuffisance cardiaque et les œdèmes. D’après Le Figaro, l’accusation a dénoncé une organisation chaotique, qui aurait conduit à laisser la star à l’abandon, livrée à son sort.

Ces formules sont celles du ministère public. Elles résument la thèse de l’accusation et non des faits établis par une décision de justice. La défense des accusés doit encore plaider, et c’est au tribunal qu’il reviendra d’apprécier les responsabilités de chacun.

Un accusé hors du champ des réquisitions

Le septième accusé, le médecin Pedro di Spagna, ne fait l’objet d’aucune demande de peine. Le procureur a rappelé qu’il n’avait eu accès à Maradona qu’une seule fois pendant la convalescence qui s’est révélée fatale, et il a estimé qu’il n’avait eu ni pouvoir ni décision sur la santé du patient. Selon Le Figaro, Patricio Ferrari a conclu que le procès n’avait pas démontré de responsabilité pénale de sa part.

À l’inverse, pour l’ensemble des autres accusés, le procureur a jugé qu’après six mois d’audiences, le cœur de l’accusation était resté intact. Il a ainsi maintenu sa ligne malgré les débats, tout en adaptant la gravité des peines requises au rôle que chacun aurait tenu auprès du patient.

La suite de la procédure

Les audiences consacrées aux réquisitions et aux plaidoiries ont commencé jeudi et devraient s’étaler sur deux semaines. Le verdict sera mis en délibéré à une date ultérieure, qui n’est pas fixée dans les informations publiées à ce stade. Entre-temps, les avocats de la défense vont présenter leurs arguments, ce qui peut modifier la lecture d’un dossier suivi de près en Argentine comme dans le monde du football.

Il faudra donc attendre la décision des juges de San Isidro pour savoir quelles responsabilités seront retenues, le cas échéant, et quelles peines seront prononcées. Les chiffres cités ici, de 4 à 12 ans, restent des demandes de l’accusation : ils ne préjugent ni de la qualification que le tribunal retiendra, ni de la sanction finale, ni de la culpabilité de quiconque.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Fernando Martello. Licence : CC BY-SA 4.0.

Kader Mansouri

Compétitions, performances et culture sportive

Kader Mansouri

Kader Mansouri a grandi à Toulouse entre un terrain de rugby et un gymnase de handball, et a longtemps été éducateur sportif dans une association de quartier. Il écrit pour 360sport sur le rugby, le handball, l'athlétisme et le football, avec une attention particulière aux clubs formateurs et aux sportifs qui mènent leur carrière en parallèle d'un emploi. Il préfère raconter une saison entière plutôt qu'un résultat isolé. Il court le 10 km de sa ville chaque automne avec ses anciens licenciés.