En Italie, le tennis compte désormais plus de licenciés que le football
La fédération de tennis et de padel dépasse celle du football de près de 40 000 adhérents, et ses revenus de 2025 ont aussi dépassé ceux de la FIGC.
En bref
- La FITP compte 1 162 477 adhérents, la FIGC 1 123 054.
- Sinner et plusieurs Italiens du top 50 ATP servent de vitrine au tennis.
- La fédération a investi dans les courts, les écoles et les entraîneurs.
Oui, le tennis devance désormais le football en Italie par le nombre de licenciés. Selon RMC Sport, la bascule a eu lieu en 2024 et a été révélée par la presse locale. Le Figaro, qui s’appuie sur La Gazzetta dello Sport, la présente comme une première : jamais le tennis n’avait compté plus de licenciés que le football dans le pays.
Les chiffres du dépassement
L’écart dépasse donc 39 000 personnes. Rapporté à l’ensemble des inscriptions fédérales, voici ce que représente chaque fédération :
| Fédération | Part des inscriptions |
|---|---|
| FITP (tennis et padel) | 20,2 % |
| FIGC (football) | 19,5 % |
La première place du sport organisé revient ainsi aux disciplines de raquette, là où le ballon rond tenait la tête auparavant. Le média de la chaîne rappelle que, pendant plus d’un siècle, le football a servi de référence au sport organisé sur le territoire italien.
Un football solide en club, fragile en sélection
Le championnat n’est pourtant pas en déroute. La Serie A occupe la deuxième place du classement UEFA par points, derrière l’Angleterre et devant l’Espagne, selon Le Figaro. L’Inter Milan a atteint la finale de la Ligue des champions en 2023 et en 2025, même si, d’après RMC Sport, aucun club italien n’a franchi les huitièmes la saison dernière. Lors de la saison 2022-2023, l’Inter, l’AC Milan et Naples s’étaient tous trois hissés en quarts de finale.
Le point faible reste la Squadra Azzurra. Sacrée championne du monde à quatre reprises, en 1934, en 1938, en 1982 et en 2006, elle a manqué les trois derniers Mondiaux, ce qui a fait chuter sa popularité dans le pays selon RMC Sport. L’Euro 2021, remporté avec Roberto Mancini, fait figure d’exception récente. Toujours selon RMC Sport, la FIGC, en pleine mutation, retente sa chance avec cet entraîneur, qui lui avait offert le titre européen il y a cinq ans.

Sinner et une génération en vitrine
Côté tennis, Jannik Sinner, 25 ans, compte cinq titres du Grand Chelem. RMC Sport le décrit comme numéro un mondial et estime qu’il a fait rayonner l’Italie à travers le monde. Il n’est pas isolé : Cobolli, Musetti, Arnaldi et Berrettini figurent aussi dans le top 50 de l’ATP, Matteo Arnaldi occupant la 36e place. Les deux journaux n’indiquent pas les mêmes rangs pour les trois autres joueurs. Selon Le Figaro, Flavio Cobolli a par ailleurs disputé la finale du dernier Roland-Garros.
La stratégie de la fédération
La FITP a beaucoup investi dans la construction de courts, l’ouverture d’écoles et l’augmentation du nombre d’entraîneurs. RMC Sport range parmi ses choix les plus stratégiques celui des tournois de niveau intermédiaire, dont l’essor se mesure en comparant deux époques :
- : huit tournois masculins Challenger et 16 Futures organisés en Italie.
- : une centaine d’épreuves à peu de chose près, soit environ 90 rendez-vous internationaux sur les circuits masculin et féminin, avec à Rome un Masters 1000 et un WTA 1000, et à Turin la finale du circuit ATP.
Le poids financier a suivi. Pour 2025, RMC Sport chiffre les revenus de la fédération de tennis à plus de 240 millions d’euros, contre 214 millions pour la FIGC, un écart que le média attribue en partie à l’absence du football italien dans les grandes compétitions internationales. Les prévisions 2026 de la FITP dépassent 280 millions d’euros, un niveau qu’aucune fédération n’avait atteint auparavant d’après la même source.
Photo : cottonbro studio / Pexels
